Faut-il fuir pendant les fêtes de fin d’années ?

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Bonjour,

Les fêtes de fin d’années sonnent comme la fin du monde, la fin d’un monde que je me suis construis année après année, pièces après pièces, comme un tour de confort fragile, mais pour moi nécessaire. Les habitudes sont les pièces de cette tour. Quand tout est bien réglé, elle peut donner l’illusion d’une tour solide, bien ancrée au sol, mais ce n’est que lorsqu’on lui retire, parfois ne serait-ce qu’une seule pièce qu’on se rend compte à quel point tout ceci ne reposait sur du rien. Les fêtes de fin d’année sont le bulldozer qui détruit cette tour fragile.

Une tour détruite – début d’un plongeon

Voilà. Nous sommes le 29 décembre. Après les fêtes d’autres festivités arrivent, mais je n’ai pas la force de les affronter. Je me sens déjà détruit. J’avais à peu près un rythme de sommeil – je dis bien « à peu près » car je galère toute l’année à le trouver en ce moment. En tout cas, ce rythme jamais trouvé, je ne l’ai plus. Je me couche vers 3h et me lève de plus en plus tard – presque 16h aujourd’hui. Cela ne m’arrive jamais le reste de l’année. Si je me lève à 12h ce n’est pas si fréquent a priori. Je ne mange plus de vrai repas, je grignote. Je ne lave plus ma vaisselle et je ne fais plus mon ménage. Ce sont des choses pour lesquelles j’avais réussi à avoir des habitudes que je tenais plutôt bien pour le ménage, voire très bien pour les repas et la vaisselle car je mangeais toujours, à heures régulières et la vaisselle était toujours faite juste après. Mais là je n’y arrive plus.

Le pire est à venir

Dans 2 jours nous serons la veille du Nouvel An et j’ai envie de pleurer quand j’y pense. Parce que je ne sais pas comment faire, je ne sais pas comment je vais faire, mais comme chaque année, il va falloir que ça se fasse. Je recevrai, comme chaque année, des « Bonnes années » qui viendront me percer intérieurement et, malgré cela, je devrais faire semblant que tout va bien et que « merci, cela me fait plaisir, bonne année à vous aussi » alors que je serai sur la table de torture d’une société que je ne comprends toujours pas, même après 36 ans à vivre à ces côtés. Quand nous ne supportons pas la sollicitation, je veux dire la démarche qui consiste à venir dans percer ta bulle, la laissant t’exploser à la figure, te ruiner les tympans et te demander en échange de dire « merci » avec le sourire s’il vous plait. Comment peut-on appeler ça ? Que peut-on faire pour lutter ?

Et si je choisissais la fuite ?

La fuite. L’évasion. Partir loin. S’en aller. J’imagine ma fuite. Je rêve de cette fuite loin de tout ça. Je sais aujourd’hui que je peux fuir, que j’en ai les moyens. Cet été, déjà, je suis parti faire un voyage à vélo. Je suis parti 1 mois, mais ce n’était pas une réelle fuite, plus une soif d’aventure, vu que l’été c’est sans doute la période la plus tranquille quand on vit dans une grande ville, surtout le mois d’Août où les rues deviennent calmes, les magasins vides… je rêve d’un mois d’Août… mais je n’y suis pas. Moi qui ne reçois presque jamais de messages, rarement de sollicitations, je vais en recevoir plus en quelques jours que pour tout le reste de l’année, comment faire ? L’année prochaine je serai sans doute parfaitement équipé, c’est là que je choisirai de partir à vélo afin de retrouver une liberté qu’on me vole et de préserver ma tour qui représente mes besoins pour survivre dans un monde que je ne comprends vraiment pas.

Pour finir

Je pense à tous les enfants autistes ou adultes qui, même s’ils parlent ne peuvent pas forcément le dire et ne peuvent pas fuir. Certains d’entre vous ne sont pas diagnostiqués mais au fond savent qu’il y a en eux tant de choses différentes et que ce monde vous semble tellement étrange. C’est à vous que je pense parce que je sais que nous traversons les mêmes difficultés, je sais que cette période est sûrement très dure pour vous aussi. Beaucoup ne peuvent le dire et encore moins peuvent fuir. Ménagez-vous le plus possible. Ne culpabilisez pas de ce que vous ne pourrez accomplir pendant cette période. J’aimerais vous donner une solution, mais je n’en ai pas. Je vous souhaite bien du courage et si je vous souhaite une année agréable et douce, c’est au fond de moi que je le pense et ça ne s’arrête pas au 30 janvier mais c’est pour l’année dans son intégralité. J’espère que ces mots que je pose et que je poserai ici vous aideront. J’espère avoir la force de raconter.

Merci de m’avoir lu.

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