Les sdfs m’emmerdent – la pensée contradictoire chez la personne autiste

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Bonjour,

Vous savez, je ne dis jamais ce que je pense. Enfin si, mais pas dans la « vraie » vie. Si vous lisez le titre de cet article et que vous vous dites que je suis un salaud ou que sais-je, si vos pensées sont plutôt négatives, alors vous savez pourquoi je ne dis jamais ce que je pense et pourquoi j’étouffe profondément ce que je suis dans la « vraie » vie.

Les mots pour canaliser mes émotions

Une phrase qui sort de ma bouche ne dit quasiment rien de ce que je pense réellement, mais elle sera l’expression de mon angoisse du moment, de mon stress et mon état de panique. Chaque journée sera ponctuée par des états contraires, avec des pics plus ou moins fréquents. Dans ces moments, mes paroles vont souvent me servir pour canaliser mes émotions. Cela va créer des comportements inégaux avec des paroles contradictoires avec ce que j’ai pu dire parfois juste avant. Ajouté à cela le fait que je suis très réactif à la frustration et bien d’autres choses, cela fait que je peux être très bien à un instant T et péter les plombs quelques minutes plus tard et là avoir des paroles excessives.

Discours réactif et discours relatif

Il y a donc toujours un discours réactif et un discours que je nommerai comme relatif. Ce premier discours est celui que je peux avoir sur un moment de forte émotion ou sur le rappel de cette forte émotion, le second sera un discours que je peux tenir, même sur des sujets sur lesquels j’ai pu sortir les pires horreurs dans l’émotion ou le rappel de cette émotion ( donc fréquemment et dans la durée ).
Par exemple en ce qui concerne les SDF justement. Je peux très bien en parler et visualiser mes précédentes rencontres avec eux : dans la rue où certains me demandaient de l’argent ou devant un supermarché. Eh bien ces rencontres étaient négatives car je déteste par-dessus tout être sollicité, comme je l’expliquerai dans un autre article, c’est de l’ordre du traumatisme pour moi, apparemment. De plus, si j’en vois un devant un magasin, je vais souvent fuir et chercher un autre magasin. Donc cette problématique aura créé de très mauvais souvenirs qui seront réactivés lorsque j’en reparlerai.
Je ne dis pas que c’est bien, je dis que c’est comme ça. D’ailleurs, je pense tellement que c’est mal que je n’en parle jamais. Seule ma copine a accès à ce que je suis dans son entièreté, pour le meilleur et pour le pire.

Je ne suis pas ce que je dis que je pense

Si je n’étais que la personne qui le pense, ce serait dommage, ça ferait un con de plus, mais au moins ça aurait le mérite d’être simple. On pourrait vite me cerner, ça serait l’avantage. Mais si j’ai écrit cet article, c’est que justement ce n’est pas si simple.
La situation des SDF est l’une des situations qui me préoccupent le plus. La dernière fois que je suis allé à Paris, je n’ai pas réussi à comprendre pourquoi il y avait des gens comme ça qui dormaient dans la rue devant tous ces gens sans qu’on leur viennent en aide. L’un des trucs qui m’énervent, c’est d’être jugé par des personnes qui sont peut-être pires que moi, mais ça c’est un autre problème.
Il faut bien comprendre qu’il y a un autre « moi » qui derrière chaque parole a sa part de nuance. Il y a très peu de choses sur lesquelles je ne suis pas nuancé, ajouté à cela le fait que je doute quasiment de tout, ça fait que je peux facilement me remettre en question sur un tas de choses.

Ce que j’aimerais bien faire pour les sdfs

Concernant les SDF, c’est un sujet difficile car je me sens totalement impuissant face à ça. Les aider fait partie des premières choses que j’aimerais faire si je gagnais au loto. Vous savez, la réponse à la fameuse question « tu ferais quoi si tu gagnais au loto ? » eh bien c’est depuis longtemps la même, après la famille etc., c’est : je construirai un lieu où ils pourront dormir. Un lieu qui sera fait selon les besoins des gens dans la rue, pour être sûr qu’il leur convienne. Ma copine et moi avant un projet que l’on voudrait mettre en place pour aider les gens dans le besoin afin de ne pas attendre qu’on gagne au loto – d’autant qu’on ne joue pas, donc ça ne risque jamais d’arriver. Mais avec notre énergie très limitée, c’est… disons compliqué.

Tout ça pour bien montrer qu’il faut surtout être vigilant entre ce que la personne autiste va dire et ce qu’elle va penser. Les mots peuvent partir assez crûment, mais sans qu’ils soient pensés, ça peut être assez déstabilisant. Enfin, rassurez-vous là-dessus, il y a très peu de chances que l’entourage d’une personne autiste d’asperger soit confronté à ce type de parole qu’il ne réservera qu’au personne de confiance capable de l’accepter tel qu’il est, c’est-à-dire quasi personne malheureusement.

Merci de m’avoir lu.

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